PIERRE
Je l'avais rencontré chez sa sœur, l'une de mes meilleures amies. Elle m'avait quelquefois parlé de lui. Il vivait à l'étranger, au Bénin. Il y enseignait la littérature. Elle m'avait raconté leurs folies de jeunesse, au temps où ils avaient fait leur retour à la terre, comme tous bons rejetons de la bourgeoisie en ces années là. Ils avaient retapé de vieilles fermes pour y élever je ne sais quoi. La peinture qu‘elle me faisait de leur vie ressemblait à un portrait de famille. Quelque chose de clos où ne peut pénétrer l‘étranger. Des histoires de frères et sœurs, des souvenirs, des rivalités, des rancunes, des fous-rires, un peu banals, attendrissants. Je les écoutais mais m‘en sentais étrangère. Ce sont des choses que je n‘ai pas vécues et elles me paraissent presque irréelles.
Un jour, durant un été de je ne sais plus quelle année je me trouvais chez elle. Il était lui aussi à Paris, à peine remis d‘un paludisme virulent qui avait bien failli le tuer. Il sortait de l'hôpital. Elle l'hébergeait, avant son départ chez les parents dans le sud, pour une convalescence nécessaire. Moi, j‘étais là. Nous n'avons fait que nous croiser ce jour là. Pourtant, quelque chose se passa, impalpable, la naissance d’une complicité, l’envie de se connaître peut-être.
Il est parti se rétablir dans le midi et moi, je suis restée à Paris. L‘été s‘est achevé, il s‘est remis de sa maladie. Avant son départ pour l‘Afrique nous nous sommes revus, toujours chez sa sœur. Il m‘a invitée à dîner, avec ma fille quel âge avait-elle à l‘époque, 5 ans ? Nous sommes allé dans un restaurant réunionais à Montparnasse, rue de
la Gaité il me semble. Il était gentil avec elle, attentif, tendre, taquin. Moi, j‘étais conquise…Sa sœur m‘avait dit « les enfants l‘ennuient » . Je ne saurais dire ce qui, en lui, m‘a séduite. Ses gestes peut être, sa façon d‘être là, un peu en décalage, mais là quand même. Son regard. Il avait les yeux d‘une couleur étrange, un vert un peu glauque, tirant sur le brun. Ses sourires montaient jusqu‘à eux pour les illuminer. Son humour me plaisait. J‘aimais aussi sa légèreté, qu‘il exprimait de toutes les façons possibles. Les mots qu‘il choisissait, sa manière de les dire…Sa façon de se moquer de lui-même. Et puis sa voix douce, un peu voilée dont j’ai encore le timbre dans l’âme. Et son rire, feutré et moqueur. Un vrai rire amusé. Est ce qu'on peut vraiment détailler ce qui nous séduit chez quelqu'un ? je ne le crois pas, il suffit d'essayer pour se rendre compte de la banalité de ce qu'on peut formuler. Je me suis laissé faire la cour, mais me la faisait-il vraiment ? Je n’en avais pas l’impression en tous cas. Sa sœur m’a affirmé qu’il lui avait confié dubitatif « elle, elle est trop compliquée ». Elle me disait « il est comme ça ». Moi, je protestais, « Pierre, mais pas du tout » étrange quiproquo. Je le trouvais sensible, attentif, délicat. Il me faisait rire, beaucoup et de tout. Elle le voyait tout autre, plus mordant, égoïste.
Il est retourné à Cotonou, et moi, j’ai vécu ma vie. Sa sœur me parlait de lui, de la jeune femme avec qui il vivait, une Africaine, comme elle disait, à peine vingt ans et les parents, qu’est ce qu’ils vont dire ? Il lui apprenait le piano. Je faisais la moue, je me disais, il fait son Pygmalion. Je n’y pensais pas trop, j’avais d’autres chats à fouetter. Mais j’y pensais quand même, de temps en temps. Mine de rien, j’attendais l’été.
Il est revenu en vacances. J’habitais Meudon, une belle maison bourgeoise en meulière, une maison de famille, remplie de souvenirs d’enfance, où vivaient également mon oncle et sa femme. J’occupais deux chambres au premier avec ma fille. Je venais de quitter son père, ou plus exactement, nous avions décidé de nous séparer. Pierre était entrain d’écrire sa thèse, pour passer son agrégation. Il avait besoin de quelqu’un pour la dactylographier, disait-il. Sa sœur m’a décidée : « ça te fera des sous . Il est chiant, il est maniaque, mais… ». J’ai dit oui. Il était descendu chez son frère, qui lui avait laissé l’appartement parisien le temps de vacances familiales en Bretagne, ou ailleurs…je ne sais plus. Je l’y rejoignais, après avoir laissé ma fille chez sa nourrice. En général, on commençait sagement. Je m’installais derrière ma petite machine à écrire et tapais consciencieusement son texte. Il travaillait sur le surréalisme. Je ne le trouvais pas particulièrement rat de bibliothèque, ni imbu de sa culture, ni même particulièrement maniaque. Il était pourtant très cultivé. Prenait-il sa thèse au sérieux ? Il n’en donnait pas l’impression, en tout cas. Mais c’était sa façon d’être, léger, même lorsqu’il était sérieux. Sa soeur m'avait expliqué l'importance que ça avait pour lui. Il y avait une profusion de notes de bas de page. Il fallait penser à changer de caractère typographique… un travail d'érudit. J’ai beaucoup appris sur le surréalisme. Il m’expliquait, j’écoutais, je tapais… C’est plus tard que j’ai peaufiné, que je m’y suis intéressée, une autre façon de le connaître, de penser à lui, d’être proche de lui. Il aimait la culture africaine, ou plus exactement, il en avait perçu la profondeur et l’originalité. Il appréciait ce continent, les façons, les ambiances. Les valeurs aussi, notamment celles de la famille. Il me disait qu’y vivre avait modifié sa manière d’être avec sa propre famille. Sa façon de penser aussi. Mais il restait ce qu’il était. Il ne rapportait pas d’objets. Il ne jouait pas les « connaisseurs de l’Afrique », les ethnologues de supermarché. Il était critique, souvent. Lucide, toujours. Il s’en savait étranger, et n’opposait pas une culture à une autre. Il ne portait pas sur ses épaules le « fardeau de l’homme blanc ». Ca lui plaisait, il s’y retrouvait. Simplement.
Nos matinées démarraient toujours studieusement. Vers midi, nous buvions un verre, un deuxième, et puis nous allions déjeuner dans un rade, pas trop loin. Parfois, c‘était le Brazza, où il allait prendre son café le matin pour le plaisir d‘entendre, disait-il, les conversations des habitués. Nous choisissions des menus improbables, de la tête de veau, du museau, accompagnés d‘une immonde piquette appelée « Goustalou » , on riait…On se parlait en prenant l‘accent aveyronnais, ou parisien, selon l‘inspiration. Il était moqueur, mais je n‘ai jamais perçu une once de méchanceté chez lui. De l’ironie, oui. D'autres fois c'était un routier, en plein quinzième arrondissement. On y mangeait bien... Et puis on rentrait. Je me remettais derrière ma machine, lui s‘installait au piano et faisait ses gammes, ses exercices quotidiens. Je m‘interrompais, on parlait musique. Nous buvions des petits coups, partagions un pétard, dans le bel appartement rangé qui ne l'était plus tellement. Il citait Eliade, et ça nous faisait hurler de rire. On était pompettes, joyeux on parlait de tout et de rien. J‘arrêtais de travailler. A 16 heures, je partais. Je rentrais à Meudon pour récupérer ma fille chez la nourrice. Vers vingt heures trente, le téléphone sonnait. C‘était lui « qu‘est ce que tu fais? » il voulait qu‘on sorte, je me faisais prier, « allez, viens » « non, j‘ai pas envie » allez… » « bon, d‘accord ». Je descendais prendre le train à Meudon – Val - Fleury. Il me conduisait directement dans le quinzième, à Javel. Il m‘attendait sur le quai, puis nous repartions, en général vers Saint-Michel, quelques stations plus loin. Nous faisions une halte au café, toujours le même, celui qui donne sur la fontaine. Je prenais un ballon de blanc, ou un chocolat. Nous réfléchissions à ce que nous allions faire de notre soirée, en contemplant la rue et les passants, la vie de la nuit qui débutait, nous étions bien. Après, nous marchions au hasard, nous arrêtant dans des clubs de jazz, dans des cafés, des restaurants, dans des boîtes de nuit, ce que nous croisions. Nous traversions
la Seine parfois pour nous rendre dans une boîte de salsa… Nous finissions toujours par échouer dans un club de la rive gauche ouvert jusqu’au matin, où les musiciens croisés au fil de la nuit dans les différents clubs terminaient la nuit eux aussi. Ils faisaient des bœufs, nous buvions sec en les écoutant. Et puis nous repartions dans le Paris du petit matin. Nous poursuivions nos flâneries, on s’arrêtait pour prendre un petit déjeuner. Je lui disais « Pierre, je suis fatiguée », sans conviction, même si je tombais de sommeil. Lui voulait qu’on reste ensemble, encore un peu…
Il aimait la nuit, et moi aussi. Nous n’étions pas des fêtards, non, nous étions simplement réglés comme ça. Il ne s’y ennuyait pas mais ne faisait pas semblant de s’y amuser outre mesure. Il aimait déambuler sans but et surtout sans se presser. Observer. Et moi aussi… J‘ai quand même terminé de dactylographier son texte… Nos journées s‘écoulaient doucement, amicalement, tendrement, il faisait ses gammes, me parlait de ses étudiants, de ses projets… Il m’offrait du parfum, des fleurs, me disait que j 'étais belle et qu'il aimait ma compagnie…
Il est reparti pour l'Afrique. J‘avais peu de nouvelles. Je demandais « Et Pierre, quand arrive t’il ? ». L‘été suivant, nous nous sommes retrouvés. Il n‘était plus question de thèse. Nous nous donnions simplement rendez-vous et nos longues déambulations reprenaient, une année après l‘autre, chaque fois différentes, mais semblables au fond, comme si nous nous étions quittés la veille. Il ne restait pas toujours à Paris, il allait chez ses parents, ou rejoindre son frère en Bretagne. Il m‘envoyait des cartes postales délirantes. Une année, je l’ai même hébergé quelques jours chez moi. Il n‘aimait pas mon compagnon de l‘époque « qu‘est ce que tu fais avec ce mec ? » Il était très critique vis à vis de mes choix sentimentaux et je prenais bien garde de ne pas tout lui dire, ou de minimiser lâchement… Je craignais ses avis, mais il avait rarement tort. J‘étais plus indulgente vis à vis de ses choix.
Et après ? Je ne sais pas, je ne sais plus… Combien de fois nous sommes nous revus ? Les dates et les années se mélangent….Ou étais-je ? Que vivais-je ? Mon fils est né entre temps. Il a quitté le Bénin, pour le Rwanda. Le Rwanda d’avant le génocide. L’ai-je revu à cette époque ? Je ne m’en souviens plus. Une année, il a écourté son séjour…Différends familiaux. Il a passé quelques temps sans revenir en France. Peut-être ne faisait-il pas signe, tout simplement… La dernière fois que nous nous sommes croisés, j’étais chez sa sœur, qui avait émigré vers le sud, au pied des Cévennes. Ils étaient réconciliés. Il était accompagné son épouse, une jeune et jolie rwandaise, venue faire connaissance avec sa blanche belle-famille. Et moi ? J’étais amoureuse aussi, d’un absent qui remplissait mon coeur. C’était un bel été, paresseux et familial. Nous allions, avec les enfants, les miens, ceux de mon amie, pique-niquer dans les Cévennes, ou nous prélasser au bord du Gardon. On s’est parlé, un peu, comme avec précaution, étrangers sur la réserve... Il rêvait d’avoir un enfant, de fonder une famille. Il avait l’air heureux… Il avait changé de pays, mais résidait toujours en Afrique. Il y enseignait dans une université, toujours aussi passionné par son métier et ses étudiants. Il continuait à jouer du piano, dans un petit groupe qu'il avait créé avec des amis, et comme piano-bar dans un grand hôtel de la place…Je ne sais plus. La veille de leur départ, nous sommes restés à converser toute la nuit, tous les deux. De quoi ? J’ai oublié…Nous avions retrouvé notre complicité, nos rires et notre façon d’être ensemble. Au petit matin, je lui ai dit « va te coucher. Après tout, tu es marié, maintenant… ». Il m’a répondu « oui…puisque tu n’as pas voulu de moi… ». Des boutades, mi-figue mi-raisin. Nous avions retrouvé nos marques. J'ai souvent repensé à cette soirée, et à cette phrase énigmatique. Il voulait une maison dans les Cévennes, pour son prochain retour définitif en France. Il souhaitait que je la trouve pour lui, que je la choisisse et que j’y habite, en attendant qu’ils reviennent. Je lui avais parlé de mon désir de quitter Paris. Finalement, j’ai opté pour ailleurs… j’ai quitté
la France moi aussi. Pour un pays limitrophe de celui ou il se trouvait. Combien de kilomètres, d’une capitale à l' autre ? Nous ne nous sommes pas revus. Sa sœur me donnait des nouvelles. Ainsi, j’étais un peu au courant de sa vie là bas. Ca me rassurait, de le savoir si proche, je me disais plus tard, quand je serai bien installée, je lui rendrai visite, ce n’est pas si loin, une heure d’avion, à peine.
Il y a eu les évènements du Rwanda. Sa femme s’est rendue là-bas, avant, après, j’ai la mémoire qui flanche. Elle a disparu plusieurs mois, il était comme fou, racontait sa sœur. Elle a réapparu…Le temps a passé et la vie a repris son cours. Ils allaient avoir un enfant. Il semblait heureux… Moi, je continuais à nourrir le vague projet d’aller les voir. Je vivais ma vie, je croyais avoir le temps…
Le téléphone a sonné. Lorsqu’elle m’a dit : « Pierre est mort… » J’ai crié « Non ! Non ! Tais-toi ! Tais-toi ! » Je voulais immobiliser le temps. Je voulais que l’histoire s’arrête avant le coup de téléphone. Je ne voulais pas avoir entendu la phrase irrémédiable. Mais c’était trop tard. Il m’a bien fallu écouter ce qu’elle disait. Il s’était suicidé…Je ne pouvais y croire, pourquoi, pourquoi ? J’étais comme assommée, anéantie, engourdie par l’inéluctable. Je m’en suis voulu de ne pas l’avoir fait, le voyage…On croit toujours qu’on aurait pu changer le cours des choses, même si ce n’est pas vrai et que c’est orgueilleux.
Comme il devait la vouloir, cette mort, pour avoir patiemment écrasé 180 comprimés de Nivaquine. Et le miel ? D’où venait-il ? Etait-il allé l’acheter lui-même ? Quelqu’un d’autre s’en était-il chargé sans savoir à quoi il servirait ? Etait-ce du miel sauvage, comme on en trouve à l’endroit où je vivais, à cette époque, miel du village en vente le long des trottoirs dans des bouteilles de Johnnie Walker recyclées, y avait-il cela aussi, là-bas ? Sa sœur m’avait confié qu’il avait toujours déclaré qu’il se suiciderait avant ses quarante ans. Je ne pouvais croire cela, c’est le genre de choses que l’on dit lorsqu’on est très jeune. Et puis, il était heureux… Il s’est fait beau pour mourir. Il avait sa façon à lui d’être élégant. Il possédait de superbes chemises blanches… Il a avalé la mixture. Il s’est couché. Il avait laissé une lettre pour sa famille, ses amis « où qu’ils soient », ses étudiants aussi, pour tous ceux qui avaient de l’importance pour lui. Pourquoi ? Cette question a torturé mes nuits, m’a prise à la gorge, m’a remplie de colère et de remords. J’ai regretté la lettre prévue, mais jamais écrite. Je n’ai pas eu de réponse au "pourquoi", ou plutôt si, qu’il avait ses raisons, des raisons importantes sûrement, qui pour lui devaient tenir à l'essentiel… Je me suis remémoré les moments passés ensemble. j'ai ris et pleuré en égrénant nos souvenirs.
Lorsque je pense à lui, et cela m’arrive souvent, ce qui me vient à l’esprit est avant tout un sentiment de gratitude, « merci ». Merci pour l’amitié, pour les moments, les rires, l'affection, merci d’avoir pensé à moi en écrivant ta dernière lettre, car je suis sûre que tu y a pensé. Merci de m’avoir choisie pour amie, ce fût un privilège et un plaisir qui dure encore. Plus jamais nous ne goûterons ensemble l’infâme « Goustalou » que l’on nous servait au café « le Brazza ». Plus jamais nous ne boirons complices, l’incandescente Tequila, épaule contre épaule, amis, âmes-soeurs peut-être, en écoutant la chanteuse de blues. Nous ne déambulerons plus dans Paris au petit matin, ivres d’alcool et de fatigue. Plus jamais je n’entendrai le timbre de ta voix, et ses nuances que j’aimais tant. Plus jamais ton rire moqueur et tendre. Plus jamais je ne poserai la question « Et Pierre, comment va-t-il ? » Tu es parti. J’ai perdu un ami, moi qui en ai si peu…
Pourtant, je l’ai revu. Dans un rêve, ce que l’on a coutume d’appeler « rêve » pour être raisonnable, bien qu’au fond de soi on sache que ça n’en est pas un. Dans ce rêve, je travaillais à Montmartre, l'endroit où je vis maintenant (mais à l'époque, j'étais encore en Afrique) tout en haut de la Butte, dans une école peut-être ? Les escaliers de
la Butte …Il était venu me chercher, comme il l’avait si souvent fait de son vivant. J’étais heureuse de le revoir, à peine surprise, même si dans mon rêve aussi il était mort. Il revenait de ce voyage, comme il était si souvent revenu des autres. Nous étions simplement comme deux personnes heureuses de se retrouver alors qu’elles n’y croyaient plus, soulagées, c'est du moins la sensation que j'avais dans ce rêve. Nous avons commencé à marcher d’un pas léger, il m’a lancé quelques vannes, comme il aimait le faire, j’ai ris, répliqué… Nous nous sommes regardés , heureux, étonnés, comme si le pire était derrière nous. Nous avons descendu les escaliers en bavardant, il riait, j’ai entendu son rire doux et moqueur dans mon rêve, oui, je l’ai entendu, je l'entends encore et le timbre de sa voix scellé dans ma mémoire. J’ai glissé mon bras sous le sien. J’avais la main à la hauteur de sa poitrine. J’ai senti son cœur battre sous mes doigts, ça, je le jure, je l’ai senti vraiment, et je le sens encore à l’endroit exact où ma main frôlait sa poitrine, lorsque j’y repense, je le sens battre encore sur le dos de ma main posée, et je sens sa chaleur, sa vie qui bat toujours… Je me suis réveillée enchantée, différente. Sa présence est demeurée, entêtante comme un parfum, insistante et légère. Je me suis sentie moins désemparée, et je peux dire que le chagrin que m’avait causé sa mort s’est dissipé. Depuis, j’ai son rire dans la tête, et son cœur qui bat sous ma main droite. Au fond, je suis certaine que c’était lui…il est venu me voir, me rendre visite, comme le font les amis, les vrais, les rares, sans raisons, juste pour dire bonjour, rappeler qu’ils sont là et qu’ils nous aiment, nous rassurer, tout simplement…